L'interprofession des semences et plants
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La semence, toute une histoire

60 ans d'interprofession : tout commence par une semence...

60 ans déjà que l’interprofession SEMAE, anciennement GNIS, structure la filière semences et plants. À travers cette newsletter, nous profitons de cet anniversaire pour mettre en lumière les femmes et les hommes qui font SEMAE, l’interprofession et ses missions. C’est l’occasion de prendre du recul pour mieux se projeter dans l’avenir.

Commençons par jeter un coup d’œil sur cette histoire riche et ses dates-clés !

Une chose est sûre, depuis 60 ans, l’interprofession a toujours su faire évoluer la filière. Elle a aussi su s’adapter à la société pour répondre aux enjeux des époques traversées. D’ailleurs, cette histoire a commencé bien avant 1962…

François Desprez, président de SEMAE est fier de diriger la structure SEMAE depuis 2017. Il souhaite « faire le lien entre le passé prestigieux de l’interprofession et l’avenir qui s’ouvre » – © Karine Boudart


Une interprofession structurée et avant-gardiste

« L’interprofession des semences est la plus ancienne qui existe aujourd’hui » explique François Desprez, président de SEMAE. Elle a commencé à se structurer au début du 20e siècle.

La première fédération semencière française des fourragères naît effectivement en 1908 à Poitiers. Son objectif : s’organiser pour faire face aux besoins alimentaires des chevaux de trait, première force de traction pour les agriculteurs.

Mais plus important encore, elle précède la création d’autres organisations de ce type, que ce soit en France ou à l’international. Le visage de l’agriculture change alors complètement au gré des progrès techniques et des évolutions sociétales.


Proposer des réponses concrètes

« La filière a su s’adapter et répondre aux attentes de la société et des agriculteurs, et ce, depuis le début » rappelle Jean-Marc Bournigal, directeur de SEMAE. Le premier groupement national interprofessionnel des semences et plants est ainsi mis en place pour pallier les pénuries alimentaires et pour contribuer à l’effort de guerre pendant la seconde guerre mondiale.

C’est en 1962 que naît le GNIS avec une mission de service public : le SOC (service officiel de contrôle et de certification des semences). Il s’agit pour l’interprofession d’être garante de la qualité et de la certification des semences.

« C’est un tournant dans l’interprofession qui a acquis là une toute autre dimension » commente Jean-Marc Bournigal. Grâce à cela, l’interprofession a pu participer à la montée en puissance des rendements agricoles pour répondre aux défis alimentaires de l’après-guerre.

Stockage de sacs de semences – Années 70 – © SEMAE

Contrôle d’une parcelle de production de semences de céréales – Années 80 – © SEMAE

Dans les années 1960 à 1980, « la révolution de la productivité s’est faite grâce aux hybrides et à l’utilisation des biotechnologies » selon Pierre Pagès, vice-président de SEMAE.

Les missions de l’interprofession ont aussi pris en compte les nouveaux enjeux liés à la PAC en 1992, l’environnement et la santé. L’interprofession a soutenu la filière pour qu’elle adapte ses activités au verdissement de la PAC.

Ses acteurs ont tous été confrontés à des changements majeurs au gré des évolutions de la politique agricole. Même si la volonté de travailler sur certains sujets n’aboutit pas, comme par exemple sur la question des OGM, l’interprofession avance et en tire des leçons.

Sans cesse en quête de réponses pour affronter les enjeux d’avenir, l’histoire montre qu’elle s’appuie sur tous les leviers d’innovations possibles : agronomique, robotique, numérique et sociétales


Une concertation de tous les instants

Elle s’appuie aussi et surtout sur toutes les parties prenantes en son sein.

L’interprofession a toujours été, et est, avant tout, un lieu d’échanges et de dialogues. C’est l’instance idéale pour confronter ses idées et échanger. La puissance de la concertation en son sein permet de poser des problématiques, faire avancer des sujets, trouver des solutions et d’aboutir à l’évolution de la réglementation française, mais aussi européenne. Ainsi, la filière a pu compter sur l’interprofession pour prendre des décisions complexes de tout temps.

La problématique du triage à façon et l’utilisation des semences de ferme trouve son issue grâce aux échanges entre les différents acteurs en 2011. Les semences ou les plants de ferme de variétés nouvelles protégées par un certificat d’obtention végétale nationale peuvent enfin être utilisés par les agriculteurs. Il faut pour cela qu’ils s’acquittent d’une contrepartie financière pour le créateur de la variété utilisée. La loi du 8 décembre 2011 encadre cette décision. Mais elle avait été actée en tant qu’accord interprofessionnel déjà 10 ans auparavant au sein de la Section Céréales à paille et protéagineux du GNIS (Accord dit « CVO (Contribution Volontaire Obligatoire) recherche blé tendre »).
Ces réglementations spécifiques autour de la propriété intellectuelle sont des éléments importants de structuration de la filière. Ils assurent la continuité de l’amélioration génétique des espèces tout en rétribuant le travail de l’obtenteur.

De 2015 à 2017, les statuts sont modernisés et les Etats généraux de l’alimentation offrent une opportunité de faire évoluer le positionnement et la stratégie de l’interprofession, de manière à ce qu’elle soit toujours en adéquation avec son temps. La structuration de l’interprofession se fait autour de valeurs communes telles que la solidarité, l’ouverture et la transparence, l’innovation et le progrès, la responsabilité.

Concrètement, cela s’est traduit par :

  • La création d’une commission spécifique sur les semences biologiques.
  • La mise en place d’un comité des enjeux sociétaux composé de professionnels et de représentants de la société civile.
  • L’intégration de nouveaux acteurs : le Syndicat des trieurs à façon (STAFF), la Coordination rurale, les artisans semenciers ainsi que les acteurs intéressés par la sauvegarde des variétés anciennes et les échanges de semences.

Pierre Pagès, vice-président de SEMAE, le souligne : « l’interprofession est une plateforme où on a réussi à mettre tous les maillons de la filière pour traiter de tous les sujets ». La nouvelle dénomination « SEMAE » est d’ailleurs le symbole d’une interprofession « de toutes les semences élargies » explique Jean-Marc Bournigal.


En bref...

SEMAE :
nouveau nom,
nouveau logo

Vous avez sans doute remarqué la nouvelle identité de l’interprofession des semences ? Parée d’un nouveau nom : SEMAE, elle se distingue aussi grâce à son nouveau logo… Explication de la genèse de cette nouvelle identité visuelle qui a été dévoilée le 27 janvier 2021.

Le virage stratégique pris par l’interprofession depuis quelques années ne pouvait avoir lieu sans une nouvelle identité. Il fallait qu’elle colle aux aspirations de la structure édictées dans son projet stratégique 2021-2023. Mais que représentent ce nom et ce logo ?


SEMA, SEMAE, nf

On pourrait penser que l’interprofession parle latin… SEMAE fait penser à rosa, rosae*, mais en version semences : sema, semae… Et quoi de plus adéquat pour un organisme représentant les semences que de s’ancrer dans la culture latine, cette culture qui est à la racine de notre langue française ? Mais les plus cultivés en perdraient tout de même leur latin ! SEMAE ne veut rien dire dans cette langue. Peu importe, le nouveau nom de l’interprofession fait des émules. Toutes les strates de l’organisation reconnaissent tout de suite la portée de ce néologisme. Il évoque tour à tour ‘innovation’ et ‘racine’ et chante dans nos esprits tout comme les graines autour du nouveau logo !

Symboliser la diversité

SEMAE est le lieu d’échanges par excellence des acteurs de la filière. Il fallait que le logo symbolise cette ouverture, cette transparence, cette solidarité entre les différents acteurs. Quoi de mieux qu’une rosace de graines multicolores pour représenter la diversité ? On parle non seulement de la diversité des espèces représentées au sein de l’interprofession, mais aussi de la diversité des acteurs qui la constitue. Et n’oublions pas la BIOdiversité ! L’interprofession, c’est le lieu qui permet aujourd’hui aux jardiniers amateurs de cultiver des variétés anciennes dans leurs jardins.

Une signature

Et pour compléter le tout, il fallait une signature claire qui renvoie à la proactivité de l’interprofession pour répondre aux enjeux d’avenir. L’interprofession, c’est en effet une structure qui s’engage pour le futur de la filière semences ! Les deux mots d’ordre sont : pluralité et responsabilité. On les retrouve bien dans les axes stratégiques du plan de filière. On résume tout cela dans la signature « Toutes les semences pour demain ». Cette nouvelle identité, c’est finalement la traduction visuelle de toute une réflexion sur l’avenir des semences… Alors convaincu ?

* Rosa, Rosae : singulier et pluriel du mot rosa (rose en français) issus de la première déclinaison latine apprise par nos petits collégiens en cours de latin.

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Photo haut de page : © SEMAE / Paul Dutronc