L'interprofession des semences et plants
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La France des semences

Une étiquette pour tracer chaque lot

Xavier Hinard est responsable de l’impression des étiquettes officielles de certification de semences à la délégation Sud-Ouest de SEMAE, à Toulouse. Il explique en quoi consiste son métier, qui évolue en même temps que la réglementation européenne.

L'informatique au service des semences

Christophe Laud est assistant administratif et correspondant informatique au sein de la délégation Ouest de SEMAE, à Angers. Au service des entreprises semencières de la région depuis 1997, il a participé à une évolution constante des technologies au service des semences. Interview.

Christophe Laud, SEMAE Ouest – © SEMAE / APPALOOSA

En quoi consiste la mission d'assistant administratif au sein de SEMAE ?

Les entreprises semencières doivent nous fournir la certification de leurs lots et des résultats d’analyses. Nous nous assurons que les informations transmises sont conformes et dans les délais. Par exemple, si une non-conformité est relevée suite à une analyse, nous devons vérifier le devenir du lot concerné destiné à être reclassé ou détruit. Côté certification, l’assistant vérifie que l’entreprise transmet bien ses lots et qu’il n’y a pas d’anomalie.

Auparavant, il n’y avait que du papier. Au début des années 2000, l’application Certisem a vu le jour et a facilité les déclarations de résultats d’analyses, déclaration des lots et l’impression des étiquettes.

L’assistant administratif doit également contrôler les déclarations de contrats pour chaque espèce certifiée.

Et quel rôle le correspondant informatique joue-t-il ?

Je suis chargé d’accompagner les entreprises semencières dans l’utilisation des outils informatiques. Par exemple, au lancement de Certisem, j’ai formé tous les agents responsables en charge de la certification des lots. Aujourd’hui, je suis en charge de la maintenance et des mises à jour de l’outil.

Il y a 10 ans, nous avons mis en place un extranet au niveau national qui a encore simplifié les échanges. Les entreprises peuvent réaliser toute leur démarche de certification en ligne, elles peuvent aussi déclarer leurs contrats sur ce même extranet. D’autres services ont été développés comme les demandes d’inspection phytosanitaire, inspection indispensable pour celles qui veulent exporter.

Depuis 10 ans, nous avons aussi mis en place une application mobile, Fisem, un outil de notation des cultures. Elle sert à la fois aux techniciens des entreprises qui notent les cultures et aussi à nos inspecteurs sur le terrain. Ce sont eux qui forment les techniciens et moi je les accompagne dans l’utilisation de l’application.

Vous assurez une hotline en quelque sorte ?

Oui, je suis à l’écoute des besoins des entreprises et chargé d’identifier les dysfonctionnements. Je réalise beaucoup de dépannages par téléphone et je prends parfois la main à distance sur les postes. Et mes collègues dans les autres délégations prennent le relais quand je ne suis pas disponible. Nous sommes très solidaires !

En quoi consiste la cartographie des parcelles de semences potagères ?

En amont de la déclaration des contrats, les entreprises doivent vérifier que l’implantation prévue ne soit pas proche d’une culture similaire. Par exemple, deux parcelles de carottes doivent être au moins à 1000 m l’une de l’autre pour éviter toute pollution génétique.

© SEMAE / Philippe Roux

Avant l’informatique, il y avait un travail de concertation réalisé à partir de cartes IGN papier et de punaises… Dans les années 2000, nous avions un premier logiciel qui me permettait de dessiner les parcelles sur des cartes en présence du technicien. Ensuite, nous imprimions des grandes cartes qui servaient de base à des discussions. En 2014, une nouvelle application a vu le jour. Agreo est une solution en ligne qui nous fait gagner beaucoup de temps car les semenciers dessinent eux-mêmes leurs parcelles.

Mon rôle est ensuite d’animer le groupe d’entreprises et de vérifier que les cultures sont bien isolées. Chacun peut consulter le parcellaire en ligne. Au départ, ce service concernait les semences potagères, sur des zones bien précises, l’Anjou, la Beauce, le Sud-Ouest et la Vallée du Rhône. Ensuite le service a été étendu à l’ensemble du territoire métropolitain et à d’autres espèces comme la betterave, le colza ou le chanvre et d’autres vont y entrer. A l’avenir, on peut imaginer d’associer cette cartographie à la déclaration des contrats pour faciliter les démarches administratives des semenciers.

D’autres évolutions à venir ?

Je collabore au niveau national sur la refonte d’un outil utilisé par nos inspecteurs pour le prélèvement des semences et qui a 20 ans. Le projet consiste à revoir l’interface de Prelsem et d’intégrer toutes les évolutions demandées par le terrain. À suivre !

Accompagner les professionnels
et les collaborateurs dans la transformation

François Dubois est le délégué régional de la région Centre de SEMAE depuis décembre 2021. Il a rejoint l’interprofession après 20 ans au service d’entreprises semencières. Il nous explique sa mission et sa vision du rôle que doit jouer SEMAE sur le terrain.

François Dubois, SEMAE Centre – © SEMAE

Quel a été votre parcours avant de rejoindre SEMAE ?

J’ai travaillé pendant près de 20 ans au service d’entreprises de la filière semences dans des fonctions de direction, notamment sur cette région Centre et aussi en Bretagne, au début de ma carrière. Passionné par la filière semences, j’ai souhaité réorienter mon parcours en mettant mon expérience et mon réseau au service des professionnels avec une approche plus globale.

En quoi consiste votre métier de délégué régional ?

Je manage une équipe d’une vingtaine de personnes sur une grande région qui comprend l’Île-de-France, le Centre Val de Loire, la Corrèze, la Haute Vienne et la Creuse. Comme dans les 5 autres régions, nous avons deux rôles. D’abord, la certification et le contrôle avec 12 inspecteurs pour notre région Centre qui contrôlent les parcelles, les lots en usines et travaillent aux côtés des semenciers.

La deuxième mission de SEMAE en région, c’est l’animation du réseau et la relation avec les professionnels. Nous allons à la rencontre des professionnels, nous sommes à leur écoute, nous animons des réunions, montons des projets et nous portons leur voix au niveau de différentes instances techniques et politiques. C’est cette mission qui m’occupe au quotidien avec la volonté d’accompagner les professionnels comme mes collaborateurs dans cette période de transition.

Quelle est votre vision de SEMAE et de son évolution ?

Pour moi, c’est un exemple très concret de ce qui peut être fait par les professionnels lorsqu’ils décident de travailler ensemble pour être plus forts, garantir la qualité des produits et faire rayonner l’image de la filière en France et à l’étranger.

SEMAE arrive à faire dialoguer ensemble tous les acteurs d’une filière, comme les obtenteurs qui créent des variétés en passant par les producteurs jusqu’aux utilisateurs. Cette envergure doit nous servir pour tourner cette famille vers l’avenir. Pour avoir participé à la Section Céréales à paille et protéagineux auparavant en tant que professionnel, je considère que SEMAE est un vrai espace de dialogue.

L’interprofession, c’est aussi une démarche qualité, structurée, connue et reconnue, un système de certification et de contrôle qui fait rayonner la France à l’export. Même si des discussions peuvent être aujourd’hui amorcées pour faire évoluer les choses, il faut aussi se souvenir pourquoi tout cela a été mis en place.

Comme toute structure qui a un certain âge, SEMAE a besoin de se réinventer face aux challenges climatiques et réglementaires et de se projeter sur une échelle européenne, voire mondiale. Sous l’impulsion des professionnels, le projet stratégique Horizon 2024 a été imaginé et déployé. C’est un très bel exemple de transformation. Aujourd’hui, les salariés disposent d’une feuille de route claire et, personnellement, cette période de transformation m’a motivé à rejoindre SEMAE.

Pourquoi est-ce si important pour SEMAE d’être ancré sur ses 6 régions ?

Tout simplement parce que notre métier commence dans les champs. Il repose d’abord sur la production, les obtenteurs, les agriculteurs multiplicateurs, les semenciers… Nous devons être à leurs côtés, les deux pieds sur la terre, dans les territoires, car c’est de là que tout part. Même si les décisions se prennent à Paris, l’animation des filières se fait sur les territoires, au plus proche des cultures.

D’ailleurs, un poste de coordinateur entre régions et siège a été créé pour renforcer la communication. Et si nous souhaitons peser sur les décisions locales, nous devons occuper le terrain. Dans notre région, le pôle de compétitivité « Cap filière semences » est un exemple intéressant d’une coordination entre tous les acteurs pour maintenir notre compétitivité.

Quels objectifs l’interprofession poursuit-elle en régions ?

Nos professionnels voient avant tout la mission de contrôle lorsqu’ils pensent à SEMAE. Nous devons mettre l’accent sur notre mission d’animation du collectif et de représentation afin de rééquilibrer les choses.

Les entreprises font face à des défis : le changement climatique, le changement de paradigme par rapport à l’usage des produits phytosanitaires, la quête d’une production plus respectueuse de l’environnement avec des solutions durables. La semence joue un rôle central dans ce cadre. C’est une priorité d’être à leurs côtés pour les accompagner face à ces changements.

Notre rôle est aussi de les aider à renforcer l’attractivité de notre filière sur nos territoires. Notre savoir-faire français repose sur des femmes et des hommes. Il est vital d’attirer des jeunes pour le sauvegarder !

Nous sommes au tout début de la filière, le grand public ne nous connaît pas. Nous devons lui parler et aborder tous les sujets liés aux semences, en toute transparence.

L’innovation représente également un enjeu important sur nos territoires et SEMAE doit jouer un rôle de catalyseur. Pour produire autant et aussi bien, avec des contraintes techniques, climatiques, on a un réel besoin d’innovation… Au bout de la chaîne, les agriculteurs utilisateurs attendent de nous de les aider à vivre de leur travail en maintenant rendement et qualité.

Dans le même temps, la société et le changement climatique nous imposent de soutenir toutes les démarches visant à maintenir la biodiversité et toutes les formes de production de semences. C’est une réelle volonté d’ouverture qui anime SEMAE aujourd’hui.

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Photo haut de page : © SEMAE / Paul Dutronc