L'interprofession des semences et plants
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La France des semences

« Accompagner les professionnels et les collaborateurs dans la transformation »

François Dubois est le délégué régional de la région Centre de SEMAE depuis décembre 2021. Il a rejoint l’interprofession après 20 ans au service d’entreprises semencières. Il nous explique sa mission et sa vision du rôle que doit jouer SEMAE sur le terrain.

François Dubois, délégué régional SEMAE Centre – © SEMAE

Quel a été votre parcours avant de rejoindre SEMAE ?

J’ai travaillé pendant près de 20 ans au service d’entreprises de la filière semences dans des fonctions de direction, notamment sur cette région Centre et aussi en Bretagne, au début de ma carrière. Passionné par la filière semences, j’ai souhaité réorienter mon parcours en mettant mon expérience et mon réseau au service des professionnels avec une approche plus globale.

En quoi consiste votre métier de délégué régional ?

Je manage une équipe d’une vingtaine de personnes sur une grande région qui comprend l’Île-de-France, le Centre Val de Loire, la Corrèze, la Haute Vienne et la Creuse. Comme dans les 5 autres régions, nous avons deux rôles. D’abord, la certification et le contrôle avec 12 inspecteurs pour notre région Centre qui contrôlent les parcelles, les lots en usines et travaillent aux côtés des semenciers.

La deuxième mission de SEMAE en région, c’est l’animation du réseau et la relation avec les professionnels. Nous allons à la rencontre des professionnels, nous sommes à leur écoute, nous animons des réunions, montons des projets et nous portons leur voix au niveau de différentes instances techniques et politiques. C’est cette mission qui m’occupe au quotidien avec la volonté d’accompagner les professionnels comme mes collaborateurs dans cette période de transition.

Quelle est votre vision de SEMAE et de son évolution ?

Pour moi, c’est un exemple très concret de ce qui peut être fait par les professionnels lorsqu’ils décident de travailler ensemble pour être plus forts, garantir la qualité des produits et faire rayonner l’image de la filière en France et à l’étranger.

SEMAE arrive à faire dialoguer ensemble tous les acteurs d’une filière, comme les obtenteurs qui créent des variétés en passant par les producteurs jusqu’aux utilisateurs. Cette envergure doit nous servir pour tourner cette famille vers l’avenir. Pour avoir participé à la Section Céréales à paille et protéagineux auparavant en tant que professionnel, je considère que SEMAE est un vrai espace de dialogue.

L’interprofession, c’est aussi une démarche qualité, structurée, connue et reconnue, un système de certification et de contrôle qui fait rayonner la France à l’export. Même si des discussions peuvent être aujourd’hui amorcées pour faire évoluer les choses, il faut aussi se souvenir pourquoi tout cela a été mis en place.

Comme toute structure qui a un certain âge, SEMAE a besoin de se réinventer face aux challenges climatiques et réglementaires et de se projeter sur une échelle européenne, voire mondiale. Sous l’impulsion des professionnels, le projet stratégique Horizon 2024 a été imaginé et déployé. C’est un très bel exemple de transformation. Aujourd’hui, les salariés disposent d’une feuille de route claire et, personnellement, cette période de transformation m’a motivé à rejoindre SEMAE.

Pourquoi est-ce si important pour SEMAE d’être ancré sur ses 6 régions ?

Tout simplement parce que notre métier commence dans les champs. Il repose d’abord sur la production, les obtenteurs, les agriculteurs multiplicateurs, les semenciers… Nous devons être à leurs côtés, les deux pieds sur la terre, dans les territoires, car c’est de là que tout part. Même si les décisions se prennent à Paris, l’animation des filières se fait sur les territoires, au plus proche des cultures.

D’ailleurs, un poste de coordinateur entre régions et siège a été créé pour renforcer la communication. Et si nous souhaitons peser sur les décisions locales, nous devons occuper le terrain. Dans notre région, le pôle de compétitivité « Cap filière semences » est un exemple intéressant d’une coordination entre tous les acteurs pour maintenir notre compétitivité.

Quels objectifs l’interprofession poursuit-elle en régions ?

Nos professionnels voient avant tout la mission de contrôle lorsqu’ils pensent à SEMAE. Nous devons mettre l’accent sur notre mission d’animation du collectif et de représentation afin de rééquilibrer les choses.

Les entreprises font face à des défis : le changement climatique, le changement de paradigme par rapport à l’usage des produits phytosanitaires, la quête d’une production plus respectueuse de l’environnement avec des solutions durables. La semence joue un rôle central dans ce cadre. C’est une priorité d’être à leurs côtés pour les accompagner face à ces changements.

Notre rôle est aussi de les aider à renforcer l’attractivité de notre filière sur nos territoires. Notre savoir-faire français repose sur des femmes et des hommes. Il est vital d’attirer des jeunes pour le sauvegarder !

Nous sommes au tout début de la filière, le grand public ne nous connaît pas. Nous devons lui parler et aborder tous les sujets liés aux semences, en toute transparence.

L’innovation représente également un enjeu important sur nos territoires et SEMAE doit jouer un rôle de catalyseur. Pour produire autant et aussi bien, avec des contraintes techniques, climatiques, on a un réel besoin d’innovation… Au bout de la chaîne, les agriculteurs utilisateurs attendent de nous de les aider à vivre de leur travail en maintenant rendement et qualité.

Dans le même temps, la société et le changement climatique nous imposent de soutenir toutes les démarches visant à maintenir la biodiversité et toutes les formes de production de semences. C’est une réelle volonté d’ouverture qui anime SEMAE aujourd’hui.

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Photo haut de page : © SEMAE / Paul Dutronc