Valorisation économique des plantes de services
Couverts végétaux : mettre une valeur économique sur les services rendus
Un couvert végétal a un coût connu : semences, implantation, destruction. Ce qu’il rapporte, en revanche, reste souvent difficile à chiffrer : azote restitué, carbone stocké, sol protégé, adventices limitées… autant de bénéfices agronomiques bien identifiés sur le terrain, mais rarement traduits en euros.
La Section Fourragères et à gazon de SEMAE a mené l’exercice : rassembler les références scientifiques et techniques disponibles pour donner une valeur économique aux services rendus par les plantes de services.
5 bénéfices, une même question : combien ça vaut ?
L’étude couvre cinq grandes familles de services rendus par les couverts végétaux et les plantes compagnes :
- Fertilisation : restitution et recyclage des éléments fertilisants (azote, phosphore, potassium, soufre)
- Carbone : séquestration du carbone dans les sols
- Structure du sol : limitation du tassement, réduction de la battance et de l’érosion
- Matière organique : enrichissement du sol par les restitutions de biomasse
- Gestion sanitaire : régulation des adventices et de certaines maladies telluriques
Pour chacun, l’étude propose des fourchettes économiques en €/ha, établies à partir de la littérature scientifique française et d’échanges avec des experts (Arvalis, INRAE, Chambres d’agriculture, Commission Plantes de services de SEMAE).
Quelques ordres de grandeur
L’étude permet de donner des repères concrets sur la valeur économique de certains services rendus :
- jusqu’à 105 €/ha pour la valeur de l’azote restitué au système de culture ;
- jusqu’à 128 €/ha/an pour la valeur associée au stockage de carbone ;
- jusqu’à 960 €/ha de rendement préservé grâce à la lutte contre le tassement des sols.
Ces valeurs ne sont pas additionnables : chacune repose sur des hypothèses et des situations spécifiques. Elles constituent avant tout des repères permettant de mieux apprécier la valeur économique de chacun des services rendus.
Des repères, pas des certitudes
L’étude ne cherche pas à fixer une valeur unique et universelle au couvert végétal : ses performances dépendent des espèces implantées, du contexte pédoclimatique, de la rotation et des pratiques de conduite.
Elle propose plutôt des ordres de grandeur mobilisables, à ajuster selon le contexte de chaque exploitation, pour objectiver une question restée longtemps qualitative.
Ce que révèle l’étude
Raisonner uniquement à partir du coût d’implantation d’un couvert ne permet pas d’en apprécier toute la valeur.
Certains bénéfices sont directs et rapides à percevoir, comme la restitution d’éléments fertilisants à la culture suivante. D’autres s’inscrivent dans la durée : protection contre l’érosion, préservation de la structure du sol, stockage de carbone. Autant de leviers qui contribuent à préserver le capital agronomique sur le moyen terme.
L’étude met ainsi en regard trois éléments : le coût d’implantation du couvert, la valeur des bénéfices qu’il génère et les pertes économiques associées à un sol laissé nu, un angle souvent absent des calculs.
Le rôle des semences dans la réussite du couvert
Un couvert performant repose notamment sur une implantation réussie. La qualité des semences utilisées (pureté, faculté germinative, adaptation du mélange au contexte) fait partie des facteurs contribuant à la réussite de l’implantation et à l’expression des services attendus.
Le lien entre la qualité des semences et le bilan économique du couvert reste toutefois encore peu documenté. L’étude ouvre ainsi une piste de réflexion sur le rôle que peut jouer la qualité des semences dans la réussite d’un couvert et, par conséquent, dans l’expression des services attendus.
À qui s’adresse cette étude ?
Agriculteurs, conseillers agricoles, techniciens de la distribution, établissements semenciers : cette étude fournit des repères économiques concrets pour intégrer les plantes de services dans une décision technique et économique globale, plutôt que dans une seule logique de contrainte réglementaire.
