Semences et plants de légumes : en Région Sud, la souveraineté alimentaire commence dès l’amont
À l’occasion d’une journée interprofessionnelle organisée le 12 mai en Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, SEMAE, l’interprofession des semences et plants, a réuni élus, administrations, professionnels et presse autour d’un enjeu stratégique : renforcer la souveraineté alimentaire des territoires dès la semence.
Produire localement commence par produire des semences adaptées
En Région Sud, territoire agricole fortement spécialisé dans le végétal, notamment le maraîchage, et particulièrement exposé au changement climatique, la filière semences et plants joue un rôle déterminant pour sécuriser la production agricole et nourrir durablement les populations, des zones rurales aux grandes métropoles.
La table ronde « Produire ici, pour nourrir ici » a mis en lumière une réalité souvent méconnue :
la souveraineté alimentaire se construit en amont de la chaîne, dès la sélection variétale et la production de semences et de plants de légumes.
Avec des semences adaptées aux conditions locales de la production légumière et aux attentes des consommateurs. Comme l’a rappelé Jean‑Philippe Briand, maraîcher :
« L’innovation variétale n’est pas une option, c’est une nécessité pour le maraîcher. »
Mais également, grâce à des plants de légumes performants et résilients indispensables à la réussite des cultures.
Un enjeu d’autant plus structurant qu’il s’inscrit dans le temps long, comme l’a souligné Jeanne Gautier (Gautier semences) :
« Les variétés que nous utiliserons demain se décident aujourd’hui, parfois 10 ans à l’avance. »
Cette réflexion s’inscrit pleinement dans une logique de filière, en lien avec les attentes des consommateurs.
Comme l’a relevé Svetlana Tenshova (Actium) :
« On parle beaucoup de l’assiette, mais pas assez de ce qui se passe avant… et notamment du rôle important des semences. »
Innovation variétale : jusqu’à 10 ans pour créer les légumes de demain
La visite du site de Gautier Semences a illustré le rôle clé de la recherche dans l’adaptation de l’agriculture :
- 8 à 10 ans pour créer une nouvelle variété ;
- En moyenne, 20 % du chiffre d’affaires investi en R&D pour les semences potagères ;
- Des innovations ciblées :
- résistance aux maladies ;
- tolérance au stress hydrique ;
- qualité gustative ;
- diversité variétale ;
- Un investissement stratégique pour répondre aux défis climatiques et alimentaires.
Jeanne Gautier a ajouté :
« Le consommateur a l’impression de stabilité des légumes et ne se rend pas compte des évolutions des semences nécessaires pour répondre aux différents enjeux (résistance aux maladies, résistance à la sécheresse). »
Le plant de légumes : un maillon indispensable entre le semencier et les maraîchers
À Châteaurenard, la visite de la SARL du Tilleul a permis de rappeler l’importance du plant de légumes dans la réussite des cultures.
Comme l’a mis en avant Jean-Michel Mounier, gérant :
« Sans producteurs de plants de légumes, il n’y a pas de maraîchage et donc pas de production de légumes. »
En Région Sud :
- Un chiffre estimé à 20 millions d’euros[1];
- 330 millions de plants produits chaque année, dont 44 millions en agriculture biologique ;
- 40 producteurs spécialisés ;
- 150 emplois directs, avec 25 recrutements prévus.
Le plant de légumes conditionne dès l’origine :
- la vigueur des cultures ;
- les rendements ;
- la qualité finale ;
Un maillon technique, exigeant… et essentiel à la filière maraîchère.
Une filière ancrée dans les territoires et tournée vers l’avenir
En Région Sud, la filière semences et plants représente :
- un chiffre d’affaires estimé à plus de 90 millions d’euros[1];
- plus de 60 espèces cultivées ;
- 7 500 hectares de production de semences ;
- 450 multiplicateurs de semences et plus de 700 emplois directs.
La filière semences et plants de légumes constitue un pilier économique, agricole et territorial majeur en Région Sud
Un message fort pour les décideurs publics
Face aux défis climatiques et alimentaires, cette journée a rappelé une évidence :
la souveraineté alimentaire locale ne se décrète pas, elle se cultive… dès la semence.
SEMAE appelle à renforcer le dialogue entre filière, collectivités et pouvoirs publics pour :
- sécuriser l’ensemble des moyens de production ;
- soutenir l’innovation variétale, notamment via le maintien du Crédit Impôt Recherche ;
- préserver un savoir-faire stratégique et une expertise reconnue en France.
[1] Source : Enquête structure Semae 2025
À propos de SEMAE
SEMAE, l’interprofession des semences et plants, représente l’ensemble des acteurs de la filière soit 61 fédérations et associations professionnelles. Elle les accompagne afin de leur permettre de répondre aux enjeux alimentaires, climatiques, économiques et sociétaux.
Au sein de SEMAE, la Direction de la qualité et du contrôle officiel des semences et plants est chargée de l’exécution des missions de service public et a la charge de faire appliquer les règlements techniques du ministère de l’Agriculture concernant la production, le contrôle et la certification des semences et des plants.
La filière semences et plants française est une filière d’excellence et compétitive, elle est le 1er producteur européen de semences agricoles (370 000 ha) et le 1er exportateur mondial hors potagères (2,3 milliards €).
Contacts :
Guillaume PETIT-BLANC
Responsable des Relations Interprofessionnelles
SEMAE – SUD-EST
04 72 78 01 81
