Diabrotica
- La filière semences de maïs s’engage pour une protection durable des cultures
- Le Fonds Diabrotica : un outil collectif au service de la surveillance, de la recherche et de l'innovation
- Comment fonctionne le Fonds ?
- Les projets financés
- Épidémiosurveillance de la chrysomèle du maïs
- Un investissement durable pour la filière
La chrysomèle du maïs (Diabrotica virgifera virgifera le Conte) est un ravageur majeur du maïs. Classée organisme de quarantaine lors de son apparition en Europe dans les années 1990, elle a fait l’objet de mesures de lutte obligatoires visant d’abord son éradication puis son confinement. La réglementation européenne a évolué en 2014, conduisant à sa sortie du statut d’organisme de quarantaine.
Aujourd’hui encore, cet insecte est considéré en France comme un danger phytosanitaire nécessitant une vigilance particulière. C’est pourquoi les professionnels représentés au sein de la Section semences de Maïs et Sorgho de SEMAE maïs ont choisi de maintenir une dynamique collective afin de poursuivre les actions de surveillance, de recherche et de développement dédiées à la chrysomèle et à d’autres organismes nuisibles du maïs. Depuis 2012, plusieurs dispositifs ont ainsi été mis en œuvre pour améliorer les connaissances sur ces ravageurs et développer des solutions durables de gestion.
La filière semences de maïs s’engage pour une protection durable des cultures

© ARVALIS / Jean-Baptiste Thibord
Cette démarche s’inscrit dans le Plan de filière de SEMAE, adopté en 2017 puis renforcé en 2021. Ce plan vise à développer des solutions durables pour protéger les cultures en combinant plusieurs approches complémentaires : création de variétés plus résistantes, recours au biocontrôle, utilisation de stimulateurs des défenses naturelles des plantes, diversification des pratiques agricoles, cultures intermédiaires ou encore gestion raisonnée des variétés. L’objectif est de limiter les pertes liées aux ravageurs et aux maladies tout en réduisant l’usage des produits phytosanitaires.
Afin de poursuivre cet effort collectif, un nouvel accord interprofessionnel a été adopté en 2025 par la filière maïs au sein de SEMAE. Il permet de financer et de coordonner plusieurs types d’actions :
- des programmes de recherche et d’innovation pour mieux comprendre la biologie de la chrysomèle et développer de nouvelles méthodes de lutte ;
- des actions de formation, d’information et de communication destinées aux agriculteurs et à l’ensemble des acteurs concernés ;
- un réseau national de surveillance reposant sur des pièges installés dans différentes régions françaises afin de suivre l’évolution des populations de l’insecte ;
- la mise en œuvre, si nécessaire, de mesures collectives de lutte pour limiter sa propagation et protéger les cultures.
En savoir plus :
Le Fonds Diabrotica : un outil collectif au service de la surveillance, de la recherche et de l'innovation
À l’origine, la filière maïs avait mis en place une caisse de solidarité afin de faire face aux conséquences de l’apparition de la chrysomèle du maïs en France. Cette caisse, financée par les professionnels de la filière, avait pour vocation de soutenir les mesures de lutte obligatoire imposées par la réglementation et d’indemniser les agriculteurs dont les parcelles étaient concernées.
L’évolution de la réglementation européenne en 2014, avec la fin du statut d’organisme de quarantaine de la chrysomèle, a conduit la filière à faire évoluer son dispositif. Plutôt que de concentrer les moyens sur l’indemnisation, les professionnels ont souhaité investir davantage dans l’anticipation, la surveillance et la recherche de solutions durables.
C’est dans ce contexte qu’a été créé le Fonds Diabrotica, au travers de l’accord interprofessionnel décrit précédemment. Le fonds a notamment été constitué à partir du reliquat financier de l’ancienne caisse de solidarité. Son action repose sur une approche collective associant les différents maillons de la filière maïs : sélectionneurs, producteurs de semences, agriculteurs, organismes techniques, chercheurs et pouvoirs publics.
Comment fonctionne le Fonds ?
Le Fonds Diabrotica finance trois grandes catégories d’actions :
- la surveillance du territoire grâce à un réseau de piégeage permettant de suivre l’évolution des populations de chrysomèle ;
- les programmes de recherche et d’innovation visant à mieux comprendre la biologie des ravageurs et à développer des solutions de lutte durables ;
- les actions de formation, de communication et de transfert des connaissances vers les agriculteurs et les acteurs de la filière.
Les projets sont sélectionnés à l’issue d’appels à projets lancés et suivis par un Comité de pilotage réunissant les représentants de la filière semences et maïs et des experts scientifiques et techniques. Cette gouvernance garantit que les travaux financés répondent aux besoins opérationnels du terrain tout en s’appuyant sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles.
Les projets financés
Depuis sa création, le Fonds Diabrotica a soutenu plusieurs programmes de recherche collectifs.
Première génération de projets (2016-2020)
À la suite du premier appel à projets lancé en 2016, trois programmes ont été financés :
- DIETETIC
- MAD
- CHRYSOPOP
Ces travaux ont permis d’améliorer les connaissances sur la biologie, le comportement et la dynamique des populations de la chrysomèle afin de mieux anticiper les risques et identifier de nouvelles pistes de lutte.
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Deuxième génération de projets (2021-2025)
Un nouvel appel à projets a conduit au financement de quatre programmes complémentaires :
- TAUPIN LAND
- LOTO
- PHENOFORE
- GEOTROUVETOU
Ces projets ont pour objectif commun de mieux comprendre les cycles de vie et les interactions entre différents ravageurs du maïs et leur environnement afin de développer des méthodes de surveillance plus performantes et des solutions de lutte alternatives aux produits phytosanitaires. Ils contribuent également à renforcer les approches agroécologiques et les stratégies de biocontrôle.
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En cours

© ARVALIS / Jean-Baptiste Thibord
Épidémiosurveillance de la chrysomèle du maïs
Depuis plusieurs années, le fonds permet également aux acteurs de la filière de participer à la surveillance de la chrysomèle grâce à un réseau de piégeage déployé sur le territoire français. Ces observations permettent de suivre l’évolution des populations et d’adapter les stratégies de gestion du risque.
Les travaux menés dans le cadre de l’épidémiosurveillance contribuent à :
- identifier les zones à risque ;
- suivre les dynamiques de population ;
- améliorer les méthodes de surveillance ;
- alimenter les réflexions sur les stratégies de prévention et de lutte.
Télécharger le rapport sur l’épidémiosurveillance de la chrysomèle
En cours
Un investissement durable pour la filière
Le Fonds Diabrotica constitue un véritable outil de mutualisation des connaissances et des moyens au service de l’ensemble de la filière maïs. Les résultats obtenus ainsi que le réseau de surveillance alimentent les recommandations techniques et les futurs programmes de recherche afin d’accompagner les agriculteurs face aux défis sanitaires, environnementaux et climatiques de demain.
Le Fonds contribue également à valoriser les résultats des projets de recherche et d’innovation qu’il finance. Ces travaux permettent de faire progresser les connaissances, de développer des solutions concrètes pour les agriculteurs et d’accompagner la transition vers des systèmes de production plus durables et plus résilients.
