L'interprofession des semences et plants
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Connaître les différents types de semences

24 mars 2022

En agriculture, on parle d’une graine que l’on sème en vue d’une récolte, et d’une semence lorsqu’elle sert à la reproduction de l’espèce. Par extension, l’on emploie le mot semences pour d’autres organes de reproduction comme les bulbes ou les tubercules choisis pour être semés.

Il existe différents types de semences car, depuis les débuts de l’agriculture, il y a plus de 10 000 ans, les hommes ont sélectionné les grains répondant à leurs attentes agronomiques (taille, résistance, facilités à atteindre les grains…) et sociales (beauté, appétence.).

Avec la sédentarisation, les migrations et la colonisation de nouveaux espaces, une sélection différenciée d’une région à l’autre s’est instaurée. On parle alors de variété locale ou variété de population.

Aujourd’hui, les semenciers assurent la grande majorité de la production de semences. Elles suivent un parcours qui va de la sélection, à la commercialisation en passant par la multiplication, le tri ou le conditionnement en station de semences… Après le contrôle auquel elles sont soumises, elles sont appelées semences certifiées. Elles représentent la majorité des semences utilisées aujourd’hui dans les pays développés pour les espèces de grandes cultures.

Les semences de ferme sont celles qu’un agriculteur ressème à l’issue de sa récolte. Elles peuvent être issues de semences certifiées.

Le terme de semences paysannes est une marque déposée. Il désigne les semences sélectionnées par les paysans et produites sur la ferme. Il est utilisé par un mouvement regroupant des organisations paysannes, biologiques, biodynamiques ou conventionnelles, des organisations de protection de l’environnement, pour désigner des semences sélectionnées par les paysans et produites sur la ferme.

Du 19ème siècle à nos jours

Jusqu’au début du 19e siècle, l’agriculture s’organisait de telle manière que l’agriculteur était autonome. C’est à partir de la deuxième moitié du 19e siècle que le système va se transformer radicalement et permettre d’augmenter très fortement les rendements agricoles ; grâce aux énergies fossiles (charbon, pétrole), aux progrès de la chimie, à l’introduction des engrais minéraux, à l’utilisation croissante des techniques modernes, aux progrès du machinisme, aux améliorations génétiques des productions animales et végétales, aux progrès en matière de produits phytosanitaires.

L’amélioration des plantes commence avec le botaniste Gregor Mendel, dans les années 1860 qui édite trois lois :

  • La loi d’uniformité des hybrides de première génération : aucune forme intermédiaire n’apparaît en F1 quand les parents sont de souches pures. Le concept de l’hérédité par mélange est réfuté,
  • La loi de pureté des gamètes : les facteurs héréditaires se séparent dans les gamètes. Un gamète ne contient qu’un facteur de chaque caractère,
  • Ségrégation indépendante des caractères héréditaires. Le cas pour les homozygotes. Les bases de la génétique sont alors posées, et celles-ci vont avoir une grande influence sur l’évolution du monde agricole.

Au tournant du 19e et du 20e siècle, les moyens alloués à la recherche agronomique sont en pleine expansion. La recherche passe de la chimie agricole à la biologie dans la deuxième moitié du 19e siècle et jusqu’en 1940. Les stations agronomiques se développent aussi parallèlement après la première guerre mondiale. La phytogénétique est en plein essor. Les semences sont alors au centre des recherches. Elles seront un des fondements de la révolution verte.

L’application des lois de Mendel à l’agriculture ouvre la voie aux premières sélections de variétés par hybridation. L’administration organise ainsi une filière « semences » . Un encadrement technique se met en place : législation, marché semencier, professionnalisation de la filière…

La domestication des espèces végétales a profondément influencé le développement de l’humanité.

Toutes les semences pour tous les usages

Il est possible de distinguer et de caractériser différents types de semences :

Les semences certifiées

Pour pouvoir être commercialisées dans l’Union européenne, les semences et plants des variétés des principales espèces de grandes cultures sont soumises à un contrôle officiel précédant leur mise sur le marché.

Les semences standards

Il s’agit d’espèces autres que celles de grandes cultures. La certification est facultative. C’est-à-dire que les contrôles n’ont lieu que de manière aléatoire, postérieurement à la mise en marché.

Les semences de ferme ou semences fermières

C’est ainsi que l’on nomme les semences multipliées à la ferme par l’agriculteur à partir de semences commerciales. L’on emploie souvent ce terme pour parler des variétés protégées par un Certificat d’obtention végétal (COV) dont l’agriculteur doit s’acquitter.

COV, certificat d’obtention végétal :
système de protection des variétés adopté par les pays membres de l’UPOV. Il donne droit exclusif de propriété d’une durée de 20 à 25 ans selon les espèces à son détenteur. Il est le seul à pouvoir produire ou commercialiser des semences de cette variété protégée. Mais, il peut céder ce droit par contrat à des agriculteurs multiplicateurs ou distributeurs de semences. La variété, même protégée par la COV, peut être utilisée, librement pour l’expérimentation ou comme ressources génétiques pour la création de nouvelles variétés.

Les agriculteurs peuvent multiplier des variétés protégées pour leurs propres besoins en versant une contrepartie à l’obtenteur. Il s’agit de la CVO.

CVO, contribution volontaire obligatoire :
dispositif de financement qui permet la collecte des « royalties » que l’agriculteur doit payer lorsqu’il réutilise les semences d’une variété protégée par un COV. Elle s’applique aux céréales à paille et aux pommes de terre.

Les semences libres de droit ou semences du domaine public

Semences non couvertes par un droit de propriété intellectuelle (COV ou brevet).

Les semences bio

Elles répondent au cahier très strict de l’agriculture biologique (AB) qui interdit l’utilisation d’engrais et pesticides de synthèse. Elles ne sont soumises à aucun traitement chimique, ni sélection génétique.

Les semences de variétés hybrides F1

Il s’agit de la première génération d’un croisement animal ou végétal, entre deux variétés distinctes ou races de lignées pures (homozygotes). La variété, ainsi créée, bénéficie de la vigueur hybride ou hétérosis.

Les semences paysannes

Selon cette marque déposée par le Réseau Semences Paysannes, ce sont des « semences issues d’une population ou d’un ensemble de populations dynamiques reproductibles par le cultivateur, sélectionnées et multipliées avec des méthodes non transgressives de la cellule végétale et à la portée du cultivateur final, dans les champs, les jardins, les vergers, conduits en agriculture paysanne, biologique et biodynamique. Ces semences sont renouvelées par multiplications successives en pollinisation libre et/ou sélection massale. Elles sont librement échangeables dans le respect des droits d’usage définis par les collectifs qui les font vivre ».


Contact :

Rosine DEPOIX
Chargée de relations presse
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rosine.depoix@semae.fr